Vous êtes-vous déjà senti(e) fatigué(e), irritable ou triste… sans trop savoir pourquoi ?
Et si la réponse se trouvait dans ce que vous aviez mangé quelques heures plus tôt ?

Ce lien entre sucre et émotions surprend encore beaucoup. Pourtant, il est de plus en plus reconnu par la science (1,3). Le sucre, surtout celui des aliments transformés (viennoiseries, jus, sodas, biscuits…), n’agit pas que sur vos papilles : il influence votre énergie mentale, votre humeur… et parfois même votre motivation à agir (1).

Le petit boost… puis la descente

Quand on prend un plaisir sucré, tout semble aller bien : regain d’énergie, réconfort immédiat. Mais ce moment est souvent bref. Le sucre entre vite dans le sang et fait grimper la glycémie* comme un ascenseur trop rapide. Le corps réagit en libérant de l’insuline* pour redescendre ce taux. Résultat ? Une chute brutale.

Et c’est votre humeur qui trinque : irritabilité, fatigue, baisse de concentration, parfois tristesse. Ce n’est pas une coïncidence : c’est un signal direct de votre corps (1).

Votre deuxième cerveau, discret mais puissant

L’intestin abrite des milliards de bactéries (le microbiote) qui participent notamment à la production de sérotonine*, souvent appelée “hormone du bonheur”. Un excès de sucre désaccorde cette “symphonie” : les bactéries bénéfiques reculent, d’autres prennent le dessus.

Conséquence : les messages envoyés au cerveau deviennent brouillés, parfois anxiogènes. Les chercheurs montrent qu’une alimentation trop riche en sucre peut favoriser l’anxiété et des symptômes dépressifs légers (2).

Quand le sucre entretient la spirale émotionnelle

Fatigue, stress, contrariété… On cherche un aliment “réconfort”. Souvent, c’est sucré.
Problème : le soulagement est éphémère. Une heure plus tard, la baisse d’énergie et la vulnérabilité émotionnelle reviennent… et l’envie de sucre aussi. Un cercle vicieux fréquent, rarement relié à l’alimentation (3).

Comment rééquilibrer, sans frustration

Il ne s’agit pas de tout supprimer, mais de mieux associer et varier :

  • Nourrir le système nerveux : légumes colorés, poissons gras, graines riches en oméga-3, aliments fermentés.
  • Fruits entiers plutôt que jus.
  • Associer le sucré à protéines ou bonnes graisses
  • Anticiper les “moments de chute” (vers 16h, après une émotion forte) avec une collation équilibrée.

écouter ce que vous ressentez, vraiment

Votre humeur n’est pas seulement le reflet de votre journée : elle est aussi le miroir de votre assiette. Le sucre, consommé en excès, brouille parfois ce lien corps-esprit.
La prochaine fois qu’une tristesse soudaine, une irritabilité étrange ou une fatigue inhabituelle vous traverse… demandez-vous : “Qu’est-ce que j’ai mangé dernièrement ?”
Vous serez peut-être surpris de voir combien l’équilibre intérieur se construit… bouchée après bouchée.


Définitions simples

  • Glycémie : taux de sucre dans le sang.
  • Insuline : hormone qui régule ce taux en stockant le sucre.
  • Sérotonine : molécule impliquée dans l’humeur, le sommeil et l’appétit.

Sources principales

  • (1) Knüppel A. et al., Sugar intake from sweet food and beverages, and risk of mood disorders, Scientific Reports, 2024.
  • (2) Arshad MT et al., Gut-brain axis and the role of microbiota in sugar-induced mood changes, Nat Rev Gastroenterol, 2025.
  • (3) Ghosh S. et al., Nutrition, inflammation and mental health, Curr Psychiatry Rep, 2023.

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